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Les postes IP haut de gamme ont mûri

(23/09/2005) - par Olivier Descamps

Dans le choix d'un réseau de téléphonie, les fonctions apportées par les terminaux de ToIP doivent être prises en compte.


Evidemment, on choisit souvent un autocommutateur avant de choisir un téléphone. Evidemment, une fois le premier installé, le constructeur ne manquera pas de vendre au responsable télécoms les postes IP qui accompagnent le gestionnaire d'appels. Les protocoles de signalisations H.323 et SIP permettent bien de déployer un réseau hétérogène de téléphonie sur IP (ToIP), mais à condition de se contenter de fonctions de base. Ce qui n'a pas beaucoup d'intérêt compte tenu de la multiplicité des services que fournissent aujourd'hui les fabricants sur leur architecture propriétaire. Faut-il pour autant négliger complètement les téléphones avant de choisir son réseau ? Pas sûr ! Lorsqu'il y a un an, Auchan a décidé de migrer vers IP quarante mille postes téléphoniques répartis sur plus de deux cents sites, le constructeur canadien Mitel Networks n'a pas caché que s'il avait été choisi par l'enseigne de distribution, c'était, entre autres causes, parce qu'il avait su proposer des terminaux DECT IP pour les dix mille utilisateurs mobiles du groupe. Là où ses concurrents ne proposaient que la beaucoup plus onéreuse voix sur réseau Wi-Fi. Les modèles haut de gamme que nous présentons ici se distinguent fortement les uns des autres. Signe peut-être que certains constructeurs sont en avance sur d'autres pour la ToIP. Mais signe surtout que les fournisseurs prennent des options technologiques différentes pour élaborer leur gamme. Plusieurs modèles se rapprochent de ce que l'on appelait il y a quelques années le terminal unique avec écran couleur et autres clients HTML. D'autres possèdent toutes les fonctions téléphoniques imaginables (boutons programmables, dispositifs main libre, journaux d'appels, notifications de messages...), mais pas d'applications informatiques proprement dites, comme la navigation Web. « Pour ça, il y a déjà des postes de travail auxquels on peut ajouter des logiciels de téléphonie si l'on veut un produit intégré », commente Bernard Mérindol, responsable du développement des offres voix chez 3Com. Malgré la critique, plusieurs constructeurs persistent et signent. Bien que possédant aussi des softphones à leur catalogue. Il est vrai que certains utilisateurs en entreprise ont besoin d'un téléphone et de quelques services informatiques sans que cela ne justifie une acquisition de poste de travail. Pour éviter à l'utilisateur de s'emmêler les pieds dans les fils, les terminaux haut de gamme supportent le protocole 802.3af qui assure leur alimentation électrique par le réseau Ethernet. Tous embarquent par ailleurs deux ports : un pour la connexion au réseau local, un autre pour relier l'ordinateur. Intérêt : faire l'économie d'un fil et d'un port Ethernet sur le commutateur. Les postes de Cisco et de 3Com ont la particularité de posséder deux ports Gigabit Ethernet. Ce qui permet de déployer de manière transparente les équipements de ToIP sur un réseau local Gigabit. L'interface se paie. La différence de prix entre les modèles de Cisco 7970G et 7971G qui ne se distinguent que par cette fonction atteint les 100 euros. Concernant les protocoles de signalisation, la donne est un peu plus complexe. H.323 n'est pas ou plus supporté par tous les produits. Il est surtout incapable de rivaliser au niveau fonctionnel avec les protocoles propriétaires ou avec SIP (Session Initiation Protocol), aujourd'hui unanimement reconnu. Il est plus récent, ce qui explique son absence dans quantité de produits haut de gamme de ce tableau.

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