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Bien choisir un écran plat

(19/11/2003) - par Patrice Desmedt

Avec les récentes baisses de prix, les écrans plats ne sont plus un luxe. Qualité et stabilité de l'image, faible encombrement et basse consommation électrique, leurs atouts sont nombreux. Décryptage de la technologie pour un bon choix.


Il n'y a pas si longtemps, on les croyait presque réservés à la décoration des bureaux dans les séries américaines. Et puis, ces derniers mois, tout c'est accéléré. Les écrans plats sont passés du rang d'objets de luxe à celui de périphériques pour tout utilisateur. L'informatique nous a pourtant habitués aux baisses drastiques de prix, mais le double phénomène constaté sur les écrans LCD de bureau est rare par son ampleur et sa vitesse.
En moins d'un an, les prix ont baissé de trente à cinquante pour cent, alors que, dans le même temps, les caractéristiques techniques s'amélioraient. Les qualités d'un écran plat sont connues : faible encombrement, consommation électrique réduite, absence de scintillement. Leurs défauts ont été souvent mis en avant : prix d'achat élevé, rendu médiocre des couleurs, effet de bavure dû à une trop grande lenteur de réaction, faible angle de vision. Aujourd'hui ces faiblesses sont pratiquement gommées. Même les graphistes ne peuvent plus se plaindre de couleurs insuffisamment fidèles, au moins sur les modèles à technologie MVA. Les performances d'un écran plat sont désormais supérieures à celle d'un écran cathodique classique, à condition d'accepter la résolution assez élevée imposée par l'écran (1 024 x 768 pour un quinze pouces et 1 280 x 1 024 pour un dix-sept pouces), car une modification de cette résolution provoque une baisse de la netteté (lire ci-contre l'article sur la technologie). Dans la grande majorité des cas, les utilisateurs plébiscitent les écrans plats. Les réticences venaient, surtout, du responsable financier. Elles tendent à disparaître aujourd'hui. "Le basculement en faveur des écrans plats, que les analystes prévoyaient en 2005, va survenir dès cette année, explique Michel Jacob, directeur général de Nec- Mitsubishi France. Dans les appels d'offres que nous recevons des entreprises, cette part est d'environ 80 %, en majorité pour des modèles 17 pouces, qui ont supplanté les 15 pouces. Ces derniers ne sont plus achetés que par les entreprises qui serrent au maximum leur budget, ou qui tiennent à garder un parc homogène."

Une durée de vie plus élevée

Aujourd'hui, un écran plat de quinze pouces, dont la surface d'affichage réelle est presque égale à celle d'un dix-sept pouces cathodique, avec une diagonale de 38,1 cm contre 40,6 cm, vaut moins de trois cent cinquante euros hors taxes, et un dix-sept pouces, qui se rapproche d'un dix-neuf pouces traditionnel, avec une diagonale de 43,2 cm contre 45,7 cm, moins de quatre cent cinquante euros. Soit un surcoût d'environ deux cents euros. Mais la durée de vie d'un écran LCD est plus élevée que celle d'un écran cathodique, dont la luminosité diminue avec le temps. La dalle LCD traverse les années sans problème, et le possible remplacement des tubes néons de rétroéclairage redonne une nouvelle jeunesse après quatre ou cinq ans d'usage intensif. Et grâce à une faible consommation électrique (environ 30 Watts pour un quinze pouces et 40 Watts pour un dixsept pouces, contre environ 65 Watts pour un dix-sept pouces cathodique et 120 Watts pour un dix-neuf pouces), on économisera jusqu'au quart du surcoût en quatre ans.

L'année des écrans plats

Certains constructeurs d'écrans plats proposent de prendre aussi en compte les économies réalisées au moment de la livraison, parce que le poids est très inférieur (4 kg pour un 15 pouces LCD, 6 kg pour un 17 pouces, contre 16 kg pour un 17 pouces cathodiques et 22 pour un 18 pouces), ainsi que les mètres carrés économisés. Emmanuel Herbreteau, chef produit moniteurs chez Samsung, insiste sur ce point. "Quand l'achat d'écrans plats coïncide avec une réorganisation des bureaux, en particulier dans le cadre d'un open space, le gain de place est un facteur important." De plus, la faible dissipation de chaleur n'est pas à négliger dans des bureaux à forte densité d'écrans. Cette année 2003 sera donc bien celle des écrans plats. Leur généralisation semble aussi inéluctable que le passage, il y a une quinzaine d'années, des écrans monochromes aux écrans couleurs.

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