Comprendre
COMPRENDRE
Sans fil : Des connexions tous azimuts
Edition du 31/03/2005 - par
Olivier Descamps
Les technologies permettant de relier un nomade à son système d'information sont désormais nombreuses. Reste à faire le tri et à bien identifier les besoins des utilisateurs avant de les équiper.
GSM Data, GPRS, UMTS, Wi-Fi voire Wimax, les sigles associés aux connexions informatiques mobiles sont multiples et il est parfois difficile de s'y retrouver. D'autant plus que celui qui perd de vue l'actualité quelques temps peut vite se retrouver déboussolé.
Exemple avec le Wi-Fi. Il n'y a pas si longtemps, tout le monde voyait la technologie cantonnée au réseau local, destinée à couvrir des salles de réunion ou des entrepôts impossibles à câbler pour des raisons esthétiques ou pratiques. La prolifération des premiers points d'accès sans fil (hot spots) était vue par les observateurs comme un épiphénomène créé par des jeunes pousses vouées à la faillite. "Aucun opérateur spécialisé dans le Wi-Fi n'a réussi à proposer un modèle économique rentable" affirmait-on alors chez France Télécom. Il y a tout juste deux ans. Aujourd'hui, l'opérateur est partenaire de plusieurs d'entre eux, au travers de l'alliance Wireless Link. Et plus personne ne met en doute les atouts de la technologie de réseaux sans fil pour fournir un accès Internet au monde professionnel.
Pas question pour autant de tomber dans l'excès inverse. La technologie Wi-Fi ne répond pas, à elle seule, à toutes les exigences du travailleur nomade. Les 7 000 points d'accès public que dénombre, en France, les membres de l'association Wireless Link (Orange, SFR, Bouygues, mais aussi ADP Télécom, Wifispot...), restent très localisés. Ils répondent parfaitement aux besoins d'un commercial qui voudrait synchroniser sa grille tarifaire quotidiennement dans son hôtel, ou au cadre qui voudrait télécharger ses courriels à la gare, lorsqu'il a une heure d'attente. Mais Wi-Fi ne suffit plus dès lors qu'un utilisateur travaille sur une application temps réel en mouvement permanent. Sont alors préconisées trois autres technologies : le GSM Data, le GPRS et l'UMTS. Le premier tombe en désuétude. Son mode de facturation au temps n'a jamais séduit, il faut plusieurs secondes pour initier la connexion et ses débits sont nettement insuffisants.
D'autre part, le plus récent mode GPRS équipe désormais tous les réseaux des opérateurs mobiles, avec une couverture identique à celle du GSM. Ou presque, car des trous peuvent subsister.
Le GPRS a clairement donné une nouvelle dimension à ce qu'on avait appelé un peu tôt l'Internet mobile.
Paradoxalement, l'intérêt majeur de cette génération de téléphonie mobile n'est pas pour le téléphone, mais pour le PC portable. Intégré à des cartes PCMCIA, les puces GPRS fournissent à l'utilisateur nomade un vrai modem mobile. Les débits plafonnent aujourd'hui à 40 Kbit/s, mais le chiffre est assez peu montré du doigt par les utilisateurs. Plus critiqués en revanche, les temps de latence de une seconde sont très handicapants pour les applications qui ne sont pas optimisées en conséquence et qui multiplient les instances entre la source et le destinataire. On sait que cette latence est l'une des principales causes de l'insuccès du satellite.
A l'inverse, les temps de latence proposés par l'UMTS sont très faibles. Et après des années de discours, la troisième génération de téléphonie mobile est enfin dans les catalogues d'SFR et d'Orange. Chez l'un comme chez l'autre, environ 40 % de la population est aujourd'hui couverte. Bien sûr, les opérateurs mobiles commencent par les grandes agglomérations, mais les déploiements envisagés (un peu plus de la moitié des Français à la fin de l'année pour SFR et près des trois-quarts pour Orange) sont supérieurs à ce que l'on pouvait imaginer, il y a encore quelques mois. Quand tellement déçus par les retards des opérateurs par rapport à leurs prévisions insensées, on ne croyait plus du tout à la technologie. Côté débits, la 3G atteint 350 Kbit/s en réception. Et les tests que nous avons pu réaliser confirment les dires des opérateurs.
Le seul qui, finalement, ne soit pas pleinement convaincu est Bouygues Télécom, qui fait l'impasse sur l'UMTS de première génération, bien qu'il dispose, comme SFR et Orange, d'une licence d'exploitation.
La technologie est jugée trop chère à mettre en place. Elle demande, il est vrai, une remise à plat du réseau mobile. L'opérateur lui préfère une autre technologie qu'il déploiera dans les mois à venir, Edge, une évolution commune au GSM et au TDMA américain. Avec des débits annoncés à 250 Kbit/s, Edge n'est pas en mesure de concurrencer pleinement l'UMTS, mais elle peut servir de bonne transition, en attendant la version 2 de la 3G basée sur la technologie HSDPA. Dans le meilleur des cas, elle ne verra le jour qu'à la fin de l'année, mais à l'image de CSA, bon nombre d'entreprises sont prêtes à patienter, préférant faire des compromis sur les débits plutôt que sur la couverture. Pour les convaincre de franchir immédiatement le pas UMTS, reste à SFR et Orange un argument de choix. Les cartes 3G qu'ils proposent assurent un passage transparent pour l'utilisateur d'une cellule UMTS à une cellule GSM/GPRS (handover). Donc une continuité de service totale entre les deux réseaux. Chez Orange, le GPRS a, de toute façon, été proscrit du catalogue. L'opérateur mobile ne jure plus que pas son offre Business Everywhere, qui propose à l'utilisateur un choix permanent du meilleur réseau disponible là où il se trouve : GPRS, UMTS ou Wi-Fi.
La seule surprise des opérateurs 3G est finalement venue de leurs grilles tarifaires. Il y a deux ans, nous écrivions à propos du GPRS : "le mode de facturation au volume échangé (et non plus au temps passé) autorise une meilleure maîtrise des coûts, un préalable au déploiement d'applications mobiles". Mais les opérateurs, qui avaient fini par convaincre tout leur monde de cette évidence, ont changé leur fusil d'épaule. Il serait finalement peu commode pour les utilisateurs d'évaluer leur consommation de débit. Comme pour le GSM Data, les premières offres UMTS ont donc été accompagnées de forfaits mensuels à la durée. Mais tout peut encore changer ! Orange a fait son premier pas en arrière en décembre en réintégrant à son catalogue une offre de facturation au volume pour les utilisateurs d'applications métier.

GlossaireGSM Data
Technologie permettant d'utiliser le téléphone cellulaire comme modem mobile en mode circuit. Le GSM Data plafonne à 9,6 Kbit/s.
GPRS
(General Packet Radio Service)Evolution de la norme GSM proposant une commutation par paquet. Les connexions sont initiées quasi instantanément et moins sensibles aux interruptions que le GSM Data. Le GPRS offre un débit moyen de 40 Kbit/s et une facturation au volume de données
transférées.
UMTS
(Universal Mobile Telecommunication Service)
Troisième génération de téléphonie mobile offrant des débits atteignant 384 Kbit/s (théoriques) avec des temps de latence réduits (175 à 400 ms de la source au destinataire).
Wi-Fi
(Wireless Fidelity)
Standard de réseaux sans fil qui garantit l'interopérabilité entre les équipements de différentes marques. Le nom Wi-Fi est utilisé comme synonyme de 802.11a, b ou g. Le premier offre un débit théorique de 54 Mbit/s dans la bande de fréquences 5 GHz. Les deux suivants offrent respectivement 11 et 54 Mbit/s dans la bande des 2,4 GHz.
Wimax
(World Interoperability for Microwave Access)
Technologie de boucle locale radio utilisée, à l'instar du DSL, pour connecter les entreprises au réseau de leur opérateur. Wimax offre un débit de 70 Mbit/s (5 Mbit/s sur 100 km). La version mobile de Wimax (802.16e), annoncée pour 2006, permettra aux utilisateurs de rester connectés en se déplaçant.
>> Obtenir des devis gratuitement de prestataires IT