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Progiciels de gestion
Sage rachète l'éditeur API et ses logiciels pour petites entreprises
Edition du 16/09/2008 - par
Didier Barathon
Avec le rachat de l'éditeur Bordelais API, Sage France poursuit sa stratégie de croissance externe en se renforçant sur le segment des petites entreprises. L'éditeur va appliquer sa politique habituelle d'intégration, mais il devra compter sur le solide réseau de revendeurs constitué par API.
Antoine Henry, directeur général de Sage France explique être à l'initiative de l'acquisition d'API, éditeur de logiciels de gestion pour petites entreprises. « Nous avons contacté Angel Niéto, président et fondateur de la société, relate-t-il. API n'était pas en difficulté, au contraire. Rentable, avec 50 000 clients satisfaits, elle propose une approche originale combinant des progiciels de gestion, des produits verticaux et des filiales pour le bâtiment ou la mécanique par exemple ».
Sur son dernier exercice fiscal, API a réalisé un chiffre d'affaires de 6,4 millions d'euros. L'objectif d'Antoine Henry est de le porter à 10 millions d'euros en trois ans.
Le nom API va disparaître
L'intégration se fera avec la disparition du nom de la société API. Les services de la société (situés à Bordeaux) formeront ceux d'une nouvelle division, « Sage petites entreprises », qui aura sa propre structure marketing, ses services, son commercial et sa R&D, comme toutes les divisions de Sage.
L'éditeur va nommer un patron pour cette division. Le Pdg d'API, Angel Nieto, quitte l'entreprise après une transition d'un mois. Quant aux produits, ils porteront le nom de Sage.
Antoine Henry écarte le risque de cannibalisation entre cette nouvelle division et la filiale de Sage, Ciel, qui s'adresse pourtant à la même clientèle de petites entreprises. Chacune aura ses produits, sa stratégie et son responsable distribution indirecte. « Le potentiel dans les petites entreprises est suffisamment fort pour maintenir ces structures, les revendeurs pourront très bien représenter une ou plusieurs des structures de Sage : sa filiale Ciel, sa division petites entreprises ou même celle dédiée aux PME », souligne Antoine Henry.
Que décideront les revendeurs API ?
Comment réagiront les revendeurs API ? C'est la grande inconnue de ce rachat. Ils pourraient, comme l'envisage Antoine Henry, revendre la gamme Sage petites entreprises, et pourquoi pas en même temps les gammes Ciel et Sage pour PME. Ils pourraient aussi se tourner vers d'autres acteurs du marché, même si ces derniers voient leur nombre se réduire. Choisiront-ils la puissance de Sage ou se détourneront-ils justement de cette puissance ? Derrière la reprise du parc installé et des équipes d'API, qui découle du rachat, se joue une autre partie : la reprise du réseau de revendeurs qui, elle, ne se fera pas automatiquement.
API a une très bonne image auprès de ses revendeurs
API commerciale ses produits sur un mode 100% indirect, avec une très bonne image auprès de ses revendeurs, ce que nous confirment même ses concurrents. Et que souligne également Antoine Henry : « après enquête auprès du réseau de revendeurs, nous avons pu vérifier la bonne image de la société et de ses produits. API compte 1 000 revendeurs actifs, c'est un capital énorme ».
Sage France est de toute façon habitué aux rachats. L'éditeur de gestion a eu deux périodes de croissance externe en France. Une période de constitution de la société, où l'éditeur britannique a mis la main sur Ciel en 1990, sur Saari en 1991 (les produits ont constitué la gamme Intégrale 500), Sybel en 1992 (les produits ont constitué la gamme 500 modulaire).
Plus récemment, Sage a étoffé son catalogue sur d'autres terrains : Adonix et son PGI en 2005, KDP dans le CRM et XRT dans la gestion de trésorerie il y a un an. A chaque fois, sauf dans le cas de Ciel, les marques ont disparu.

EBP : « Nous restons sereins et attentifs »Le nombre d'acteurs sur le marché de la gestion se resserre. L'un des derniers indépendants de taille nationale, EBP, juge le rachat de son petit concurrent API par son grand concurrent Sage.
« Nous ne sommes pas surpris, c'est la stratégie de Sage de racheter d'autres entreprises, commente Philippe Leroy, directeur commercial. Je ne suis pas inquiet, EBP mise sur la croissance organique. Nous restons sereins et concentrés sur l'innovation technologique comme l'a montré le lancement d'open line».
Reste la question du réseau des revendeurs API. « Les revendeurs sont d'abord des chefs d'entreprise, remarque Philippe Leroy, des gens pragmatiques, et pour ceux d'API, des gens très bien qui ont une image de compétence. La force d'API c'est bien son réseau de revendeurs ». Une appréciation qui pourrait passer pour un appel du pied. En tout cas, EBP affirme avoir l'habitude et la manière de traiter avec les revendeurs et d'être très proche de son réseau.
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