Stratégie
Aménagement du territoire
Doper les projets haut débit
Edition du 12/09/2006 - par
Olivier Descamps
Les collectivités qui déploient des réseaux à haut débit rencontrent des problématiques très différentes. Parmi les clés de la réussite d'un projet : faire en sorte que les opérateurs aient envie de venir exploiter le réseau.
La définition du haut débit est toute relative et c'est à chaque entreprise ou collectivité de trouver la sienne. C'est ce qui est ressorti du salon Odébit, qui a réuni des acteurs des télécommunications du 11 au 13 septembre. Le rendez-vous a été l'occasion de débattre de l'aménagement du territoire et de présenter des situations concrètes de déploiements de réseaux à haut débit.
Il en ressort de nombreux conseils pour les collectivités qui sont entrain ou qui projettent de déployer le leur. Avec un seul objectif pour les entreprises : « que tout ne se passe pas à Paris. Il faut rompre le cercle vicieux de la centralisation » estime Charles Chone, venu présenter l'expérience de la communauté urbaine du grand Nancy. « Je peux citer des exemples d'entreprises qui voulaient délocaliser leurs activités de Saint-Etienne à Lyon car le prix du mégabit par seconde y était beaucoup trop cher. La création d'un réseau haut débit les en a dissuadées » surenchérit Pierre-Eric Saint André, directeur général d'Axione.
Laisser les opérateurs tirer le territoire vers le haut
Tous les intervenants considèrent que ce sont les infrastructures passives (gaines, pylônes...) qui représentent le plus grand investissement. Pour faire venir les opérateurs, il faut donc leur simplifier la tâche. L'installation de fourreaux dans les sols doit, par conséquent, être quasi systématique lorsque des travaux publics sont entrepris dans une commune. Autre conseil : mieux vaut prendre son temps pour lancer un projet de haut débit. « La maturation doit être, pour chaque collectivité, d'au moins deux ou trois ans, estime Philippe Le Grand, directeur du syndicat mixte intercommunal Manche Numérique. C'est la condition sine qua non pour avoir une bonne expertise dans un secteur où tout change tous les trois mois et où il faut malgré tout penser aux investissements durables ».
Ainsi, la recherche d'une couverture totale du territoire est légitime, il ne faut pas oublier qu'un projet d'aménagement du territoire ne peut fonctionner qu'avec l'adhésion des opérateurs qui vont commercialiser les offres de haut débit. « Les études économiques sont aussi importantes que les choix technologiques » confirme Pierre-Eric Saint André. « Il faut laisser les opérateurs tirer le territoire vers le haut, poursuit Philippe Le Grand. Pas question par exemple de rechercher à tout prix l'égalité des communes face au haut débit. Elle n'existera jamais et ne conduirait qu'à un nivellement par le bas ».
La fibre optique dans les villes et dans les principales zones d'activité, Wi-Fi ou Wimax dans les villages isolés... mais sans oublier que surtout dans les zones les plus reculées, une politique volontariste est nécessaire. Venu présenter le projet Viviers Haut Débit reposant sur plusieurs communes du Tarn, Claude Combes rappelle que de nombreuses localités françaises doivent encore se satisfaire de connexions traditionnelles en RTC.

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