Stratégie
logiciel libre
Ces dirigeants de PME qui font confiance à l'Open Source
Edition du 09/06/2004 - par
Aurélie Chandèze
Les dirigeants de PME ne sont pas forcément frileux face à l'Open Source. Plusieurs d'entre eux font confiance à leurs responsables informatiques quand ceux-ci choisissent des solutions libres.
Choisir une solution libre au lieu d'une offre propriétaire peut paraître risqué : en cas de difficultés techniques, il est parfois dur de trouver le bon interlocuteur. De même, en cas de dysfonctionnement grave des logiciels ouverts, il n'est pas toujours aisé de savoir qui assume les risques juridiques et financiers. Plusieurs PME ont pourtant fait ce choix, dans des secteurs aussi divers que le négoce en vins, les services télématiques ou la fabrication d'équipements médicaux. "Lors de la bulle Internet, certains éditeurs ont un peu trop tiré sur la corde, ignorant les petites sociétés incapables de mettre sur la table une somme jugée digne d'intérêt", déclare Laurent Barbeau, directeur informatique (DI) d'AGL. Cette société d'une trentaine de personnes édite notamment le 3617 VERIF. Elle est aussi présente sur le Web, avec des sites comme Serencontrer.com. Déçu par les vendeurs de solutions propriétaires, AGL a choisi de tenter les solutions libres il y a trois ans. Connaissant le monde Unix, le DI a jugé que Linux avait atteint à ce moment-là une maturité suffisante. Le serveur Web Apache, le serveur de messagerie Exim et la base de données MySQL ont peu à peu remplacé ou complété leurs logiciels propriétaires. Au départ peu impliqué dans ces choix, le P-DG d'AGL demande désormais à son DI s'il existe un équivalent gratuit quand il voit une demande de budget pour un logiciel. Souvent moindre que celui des solutions propriétaires, le coût des logiciels ouverts apparaît attrayant pour les dirigeants de PME. Il faut cependant nuancer cet aspect financier, l'adoption d'une solution ouverte demandant souvent quelques investissements en formation.
Dans la société Corona Medical, la question des solutions libres s'est posée au moment de changer un serveur d'impression propriétaire. "La maintenance de ce serveur vieillissant n'était plus assurée par l'éditeur", relate Laurent Guenier, responsable informatique chez ce fabricant de mobilier médical. Dans cette PME qui emploie 140 personnes près de Tours, le serveur d'impression Samba sous Red Hat a remplacé l'ancien serveur. Avant de faire ce choix, Laurent Guenier a réalisé un comparatif entre deux produits propriétaires et un libre, étude présentée aux dirigeants de la société : plus adaptée technologiquement et financièrement, la solution libre l'a emporté. Les références de Linagora, société de services en logiciels libres (SSLL) retenue par Laurent Guenier pour l'assister, ont contribué à mettre en confiance les dirigeants de Corona Medical. Sur des projets stratégiques, la prudence s'impose aux PME, et l'intervention des SSLL limite les risques. Lors d'un partenariat avec AOL autour du site Serencontrer.com, AGL a ainsi sollicité Alcôve pour mettre en place un système d'équilibrage de charges sur ses serveurs, l'expertise de la SSLL jouant un rôle de garantie pour la PME. La Compagnie de Guyenne, négociant en vins et spiritueux basé près de Cognac, a, quant à elle, fait appel à Actinux pour mettre en place un serveur de messagerie sous Mandrakelinux, convaincue par les projets à l'actif de la SSLL. Il y a quatre ans, la Compagnie de Guyenne avait déjà migré un serveur de base de données sous Linux slackware. "A l'époque, ce passage au libre a été très mal perçu par certains de nos fournisseurs de logiciels", se souvient Thierry Larran, responsable informatique dans cette PME d'une centaine de personnes. Les relations avec certains d'entre eux ont même été rompues. Cela n'a pas effrayé le P-DG, sensible à l'esprit communautaire du logiciel libre. Beaucoup moins dépendants des contraintes économiques, les produits Open Source bénéficient d'une certaine pérennité, facteur rassurant pour des patrons de PME parfois victimes d'un manque d'attention de la part des éditeurs d'offres propriétaires

Logiciel libre, gratuit, propriétaire?Un logiciel est libre quand son code source est ouvert, c'est-à-dire accessible par tous. Ces logiciels s'opposent aux logiciels propriétaires, dont le code appartient à l'éditeur du produit. Libre n'est pas synonyme de gratuit : des logiciels ouverts peuvent être adaptés et commercialisés par des sociétés. Plusieurs types de licences régissent les logiciels libres. La plus connue, GNU GPL (General Public Licence), n'autorise pas la création d'un logiciel propriétaire à partir de codes sources ouverts : un logiciel développé à partir de code sous licence GPL doit obligatoirement être lui-même sous licence GPL.
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