Comprendre
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A chacun son réseau local
Edition du 30/09/2005 - par
Olivier Descamps
Les solutions concurrentes aux liaisons Ethernet filaires arrivent à maturité. Les courants porteurs en ligne, le VDSL et surtout le Wi-Fi paraissent crédibles pour s'affranchir d'un câblage spécifique.
La mise en réseau d'équipements informatiques est désormais une opération banale. Pour le grand public et a fortiori pour l'entreprise. C'est le moyen le plus efficace de mettre en commun l'ensemble des services du système d'information : une connexion à Internet, un pare-feu, un serveur de fichiers ou une imprimante. En une dizaine d'années, Ethernet est devenue la technologie de référence du réseau local. Notamment grâce à une réduction drastique des prix des équipements d'extrémité : les cartes réseaux des PC et des serveurs d'une part, les commutateurs qui se chargent de leur interconnexion d'autre part. Côté débit, des câbles en cuivre véhiculent jusqu'à cent mégabits de données par seconde avec les équipements réseaux actuels (Fast Ethernet). Pour les exigences encore plus fortes les performances peuvent même atteindre un gigabit par seconde (soit mille mégabits).
Mais cette course aux débits ne répond pas à tous les besoins. Dans une entreprise où la liaison Internet ne dépasse pas quelques mégabits et où les utilisateurs ne manipulent pas de fichiers volumineux, on se tourne vers d'autres évolutions d'Ethernet. Les solutions ne manquent pas. Plutôt que de tirer des câbles, il n'est pas rare que les petites entités préfèrent miser sur les technologies sans fil. Les normes Wi-Fi 802.11b et g fournissent des débits théoriques qui plafonnent respectivement à 11 Mbit/s et à 54 Mbit/s, débits qui doivent en outre être partagés par l'ensemble des utilisateurs. Mais les contreparties fonctionnelles et esthétiques semblent davantage peser dans la balance. Et là encore, les prix ont chuté en l'espace d'un ou deux ans. La technologie est intégrée en standard dans les ordinateurs portables récents et dans la plupart des modems routeurs fournis par les opérateurs (Livebox, Freebox, neufbox...). Wi-Fi offre aux utilisateurs une mobilité interne dans l'entreprise et permet de proposer aux visiteurs équipés de portables un accès Internet. Il peut être utilisé seul, ou en complément d'un réseau filaire, par exemple pour couvrir une salle de réunion.
Mais attention. Premièrement, le coût d'un réseau Wi-Fi dépend en grande partie de la configuration d'un site. Il peut se révéler complexe de déployer un réseau sans fil lorsque les locaux de l'entreprise sont vastes ou lorsqu'elle regorge d'éléments perturbateurs qui s'opposent à la propagation des ondes comme le fer et l'eau. Deuxièmement, la sécurité des réseaux sans fil demande une attention particulière. Le chiffrement WEP (Wired Equivalent Privacy) proposé en standard dans tous les équipements sans fil n'est pas toujours utilisé. En outre, il apparaît largement insuffisant. Il faut quelques minutes à un pirate érudit pour s'approprier une connexion. Les entreprises qui craignent pour la sécurité de leur réseau miseront plutôt sur le protocole WPA (Wi-Fi Protected Access), qui s'appuie sur des clés de chiffrement qui évoluent sans cesse. Autre solution pour créer un réseau local sans déployer de liaisons physiques, les courants porteurs en ligne (CPL) reposent sur le câblage électrique pour transporter les données. Toute prise électrique devient une prise réseau potentielle pour un adaptateur chargé de relier le PC. L'arrivée des premiers boîtiers début 2003 a popularisé le CPL mais la technologie reste plus coûteuse que le Wi-Fi. En outre, les circuits électriques complexes peuvent demander une expertise spécifique. A l'heure actuelle, on préfère donc privilégier le CPL quand le spectre radio est déjà très occupé ou que la configuration d'un site ne permet pas de déployer simplement un réseau Wi-Fi. A noter que les débits du CPL avoisinent 9 Mbit/s . Il existe enfin un dernier concurrent aux réseaux câblés dédiés. Après la voix des airs et l'utilisation du réseau électrique, l'entreprise peut choisir, comme les opérateurs, de s'appuyer sur le réseau téléphonique pour proposer une connexion à ses utilisateurs. La technologie VDSL (Very High Rate DSL) est plutôt conçue pour relier les centraux téléphoniques aux entreprises, mais elle sert aussi de technologie de réseau local. Malheureusement, les prix sont encore dissuasifs. Si les opérateurs rentabilisent facilement leurs équipements lorsqu'ils facturent le service de connexion à Internet à leurs utilisateurs, le coût du VDSL comme réseau local semble trop important pour décoller réellement. Les offres sont d'ailleurs peu nombreuses et les clients assez rares.

RÉSEAUX FILAIRESLe câblage 5e suffit
N'en déplaise aux fournisseurs, les entreprises n'ont pas besoin de Rolls-Royce pour véhiculer des données sur leur réseau informatique. Attention donc aux intégrateurs qui tiennent absolument à installer des câbles de catégorie 6 pour équiper le réseau local (LAN). Les paires de cuivre respectant la norme 5e suffisent largement. Ils acceptent même le Gigabit Ethernet, pourtant assez rare aujourd'hui (et même demain) sur le réseau local.
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