Les modes d'accès à Internet sont nombreux et le seront de plus en plus si l'on en croit les travaux réalisés dans les laboratoires de recherche. Toutes les options sont imaginées : utilisation des réseaux téléphoniques ou électriques, des ondes radio et du satellite... Les connexions proposées sont symétriques ou asymétriques, à débits garantis ou non, avec facturation à la durée ou connexion permanente... Des différences qui pourraient effrayer les clients si un mouvement de concentration entre les opérateurs n'avait pas simplifié la donne des télécoms. Aujourd'hui, la PME n'est plus face à une pléthore d'acteurs qui proposent chacun leur propre technologie, mais face à des opérateurs qui vont déterminer avec le client quel est le type de liaison le plus approprié à sa situation géographique et à ses besoins.
Pour le grand public comme pour les petits sites d'entreprises, haut débit rime aujourd'hui avec DSL (Digital Subscriber Line). En quelques années, la technologie a bouleversé le monde des liaisons et interconnexions de réseaux, notamment en France où les paires de cuivre qui sont utilisées pour véhiculer les flux d'informations sont de très bonne qualité. Offrant une connexion permanente, le DSL est décliné en de multiples versions : la plus connue est le DSL asymétrique (ADSL) avec des débits descendants (du réseau de l'opérateur à celui de l'entreprise) de 8 Mbit/s maximum et montants de 768 Kbit/s maximum. Version évoluée, l'ADSL 2+ monte à 16 Mbit/s en descendant et 1 Mbit/s en montant. Mais pour les entreprises qui hébergent des sites Web ou envoient régulièrement des fichiers volumineux, le DSL existe aussi en version symétrique (SDSL). Ce qui signifie que les débits sont équivalents dans les deux sens : 2 Mbit/s sur une paire de cuivre ou 4 Mbit/s si l'on couple deux lignes de téléphone. Autre version de la norme, le VDSL (Very High Rate DSL) est déjà déployé en Allemagne par exemple, mais il pourrait ne jamais voir le jour en France car il demande des investissements que France Télécom juge disproportionnés par rapport aux bénéfices qu'on peut en retirer. La dernière déclinaison, baptisée RE ADSL (Reach Extended ADSL), résout enfin le problème des entreprises un peu trop éloignées des centraux téléphoniques pour bénéficier de l'ADSL. Il faut en effet être à moins de six kilomètres pour qu'une connexion ADSL fonctionne, et à moins 1 500 mètres du répartiteur pour bénéficier des 8 Mbit/s. Avec le RE ADSL, la portée maximum augmente d'environ un kilomètre, mais avec un débit limité à 512 Kbit/s.
Face au DSL, le câble ne réussit pas à percer. Conçu à l'origine pour la diffusion de programmes télévisés, il fournit aussi un accès Internet haut débit, mais on ne le trouve que dans les quartiers résidentiels et il n'existe pas d'offre à débits garantis. En outre, les offres sont très inégales sur le territoire. Avec un spectre radio parfois brouillé, les régions frontalières comme l'Alsace sont souvent les mieux pourvues. Autre technologie d'accès, les courants porteurs en ligne (CPL) s'appuient sur les réseaux électriques capables de transporter des données comme l'électricité. Mais si le CPL connaît un certain succès comme technologie de réseau local, rares sont aujourd'hui les projets d'utilisation des réseaux électriques pour desservir les entreprises et les particuliers en accès Internet.
En attendant la boucle locale radio
Si l'on en croit la plupart des opérateurs, dont France Télécom, l'avenir devrait couronner la fibre optique. Longtemps réservée aux grandes entreprises, elle est de plus en plus proposée dans les quartiers d'affaires ou les quartiers résidentiels les plus denses. Mais la fibre n'ira jamais partout et malgré le DSL et le câble, voire les très onéreuses liaisons spécialisées, les PME isolées sont contraintes de chercher d'autres solutions. Certaines entreprises se contentent parfois du mode de connexion historique : le RTC (réseau téléphonique commuté). D'autres se satisfont d'accès numériques RNIS qui présentent l'intérêt de transporter voix et données, mais qui souffrent du mêmes défaut que le RTC : les liaisons ne sont pas permanentes. Si certaines PME craignent la technologie RNIS de peur que les utilisateurs lancent des connexions qu'ils oublient de couper et qui finissent par coûter très cher, d'autres, même avec un accès DSL, sont séduites par les réseaux numériques comme accès de secours lorsque la liaison principale rencontre un problème de fonctionnement. Autre possibilité, les connexions satellites souffrent de prix importants et de temps de transit des données incompressibles du fait de l'éloignement du satellite.
Le mode d'accès le plus prometteur pour les PME éloignées des grands réseaux est sans conteste la boucle locale radio (BLR). Son intérêt a été largement surestimé au début des années 2000. On l'a ensuite totalement oubliée avant une remise au goût du jour grâce à la technologie Wimax. La BLR utilise la voix des airs pour transporter les flux d'informations, mais comme les fréquences utilisées sont rares, les opérateurs devront toutefois obtenir des licences avant de proposer leur offre aux entreprises.
