Runnyprocess propose une offre de gestion des processus métiers en mode SaaS. Son PDG Matthieu Hug répond aux questions de LeMondeInformatique.fr.
LeMondeInformatique.fr : Vous proposez aux entreprises une offre de BPM en mode Saas. Quelle forme cela prend-il ?
Matthieu Hug : Le modèle économique repose sur un abonnement mensuel - donc il n'y a pas de surprise - avec un train de versions chaque mois. L'entrée de gamme est à 500 euros par mois, ce qui vous donne droit à toutes les fonctions. Vous pouvez alors créer vos processus, prévoir des tâches, vous connecter à vos propres services ou à des services en ligne - on en répertoriera un millier d'ici à la fin de l'année. Il y a simplement une limite fixée à 5 000 processus par mois pour ce tarif.
Avoir un système d'information orienté services constitue-t-il un préalable à l'utilisation d'une telle solution ?
Oui, mais il faut faire attention. Il faut effectivement que les informations soient disponibles sur le réseau, mais cela ne nécessite pas forcément de gros projets. La tâche devient énorme si vous voulez tout faire. En revanche, s'il s'agit juste de rendre une information disponible, ce n'est pas très compliqué, il faut compter environ une journée, disons. Et le lendemain, ce sera une autre information. Nous privilégions une approche simple, itérative.
Comment vous est venue cette idée ?
A l'époque où nous étions employés chez Netsize et que nous utilisions Salesforce.com, nous avons vu à la fois la gestion de processus et le mode Saas, et nous avons cherché à relier ça au SI. La structure de la société a été créée en juillet 2007, le service a été proposé en bêta entre janvier et juin 2008. Aujourd'hui, nous avons 400 utilisateurs dans le monde, un tiers en France, un tiers aux Etats-Unis et le dernier tiers partout dans le monde.
Et l'aspect 'cloud' ?
On ne fait pas d'hébergement, ce n'est pas notre métier. Nous nous sommes d'abord installés dans un datacenter IBM, et aujourd'hui nous faisons un mélange avec le service EC2 d'Amazon, qui permet de créer un nouveau serveur en quelques secondes. On n'a pas encore eu de montée en charge très forte, mais Amazon dit qu'un de ses clients est passé de 50 à 3500 serveurs en une journée.
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Quel distinguo faites-vous entre la fourniture d'applications hébergées (FAH, ou ASP, application service provider en anglais) et le Saas ?
Dans l'ASP, votre solution est hébergée, mais cela reste votre version, avec vos licences, vos maintenances, alors que le Saas propose un environnement partagé et un mode de paiement à l'acte.
Le développement des solutions Saas passe par une bonne connexion à Internet dans les entreprises. N'avez-vous pas peur que la qualité de service en la matière ne freine certaines entreprises ?
Non, dans la mesure où la messagerie Internet est devenue un système critique. Dans 95% des entreprises, si vous éteignez un système progiciel, par exemple la gestion de la relation client, le DSI tiendra un jour ou deux avant que ça ne devienne critique. Alors que si la messagerie s'arrête, le DSI aura un coup de fil du DG dans l'heure !
Quel marché visez-vous ?
D'abord les 'early-adopters' [NDLR : précurseurs] du Saas, auxquels on permet de reprendre le contrôle de leurs informations. Ils peuvent par exemple récupérer les informations de Salesforce très simplement. Ensuite les PME en croissance rapide, qui ont besoin de structurer leur SI et qui, au lieu, d'investir dans un ERP et des serveurs, opteront pour du Saas (on édite d'ailleurs un annuaire, saas-connect.com). Nous pouvons aider ces PME à mettre en place une solution, et intégrer cela avec notre plate-forme.
N'importe quel outil de BPM ferait l'affaire, en l'occurrence...
Oui, mais vous n'allez pas acheter un outil de BPM, très cher, pour intégrer des offres à 20 € par mois, il y aurait une incohérence.
Quelles évolutions prévoyez-vous dans votre modèle ?
A long terme, nous aurons une approche d'affiliation. Nous proposerons la technologie en marque blanche, à des consultants souhaitant capitaliser leurs connaissances et proposer des modèles préparamétrés au marché.

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